Si vous êtes des rockeurs-métaleux... amateurs de grunge, vous l'avez sûrement reconnu. C'est le chanteur et guitariste de Nirvana. Il est né le 20 février 1967 à Hoquiam, tout près d'Aberdeen qui se situe à 150 kilomètres au sud de Seattle. Ecorché vif et songwriter dans l'âme, Kurt Cobain a redéfini le rock des années quatre-vingt-dix. Il est du même coup devenu, bon gré mal gré, le porte-parole de toute une génération. Il est mort le 5 avril 1994 en se tirant une balle dans la tête après s'être injecté une grosse dose d'héroïne. Voici la lettre (traduite) qu'il a laissé avant de se suicider:
A Boddah
Parlant du point de vue d'un niais qui en a vu et qui, visiblement, préférerait être un gamin émasculé, cette lettre devrait être assez facile à comprendre. Tous les avertissements qui m'ont été donnés, au gré des quatre cents coups du punk-rock, depuis ma découverte, dirons-nous, de l'éthique qu'impliquaient l'indépendance et l'embarrassement de votre communauté, se sont avérés justifiés. Je n'ai pas ressenti d'excitation en écoutant ou en composant de la musique, alors que lis et que j'écris depuis lontemps maintenant. Je me sens coupable au-delà des mots. Par exemple, quand on se retrouve backstage, que les lumières s'allument et que le grondement hystérique de la foule commence, ça ne me touche pas comme ça pouvait toucher Freddie Mercury, qui semblait avoir le goût de l'amour et de l'adoration que lui vouaient la foule; ce que j'admire et j'envie totalement. Le fait est que je ne peux pas vous tromper, aucun de vous. Ca n'est honnête ni pour vous ni pour moi. Le pire crime serait de berner les gens en dissimulant cela et en prétendant que je prends mon pied à 100%. Parfois, je me sens comme si je devais pointer, avant d'entrer en scène. J'ai essayé de toutes mes forces d'apprécier cet amour (et je l'apprécie, Dieu crois-moi, je l'apprécie, mais ce n'est pas assez). Je me réjouis d'avoir touché et diverti tant de gens. Je dois être un de ces narcissiques qui ne savoure les choses que quand elles sont passées. J'ai besoin d'être légèrement engourdi pour retrouver l'enthousiasme de mon enfance. Au cours de nos trois dernières tournées, j'ai pu apprécier bien mieux tous les gens que j'ai croisés et les fans; mais je suis toujours incapable de surmonter la frustration, la culpabilité et la compassion que j'éprouve pour tout le monde. Il y a du bon dans chacun de nous et je crois que j'aime tout bonnement trop les gens, au point que ça me déprime carrément. La tristesse, l'indifférence, des Poissons... Pourquoi ne pas simplement se réjouir ? Je ne sais pas. J'ai une femme divine qui transpire l'ambition et la copassion et une fille qui me rappelle trop ce que j'ai été, plein d'amour et de joie, qui embrasse chaque personne qu'elle croise parce que chacun est bon et ne lui fera pas de mal. Et ça me terrifie au point que je peux difficilement fonctionner. Je ne peux pas me faire à l'idée que Frances puisse devenir le rocker misérable, auto-destructeur et suicidaire que je suis aujourd'hui. J'éprouve de la reconnaissance, mais depuis l'âge de sept ans, je suis devenu haineux envers tous les humains en général. Simplement parce que ça semble si facile pour les gens de s'en aller avec la compassion. Simplement parce que j'aime trop les gens et que je suis désolé pour eux. Merci du fond de mon estomac brûlant et nauséeux, pour vos lettres et votre attention pendant toutes ces années. Je suis vraiment trop erratique, trop maussade, baby ! Je n'ai plus de passion et, souvenez-vous, mieux vaut s'embraser que de se consumer lentement. Paix, Amour, Compassion. Kurt Cobain.
Frances et Courtney, je vous adorerai toujours.
S'il te plaît, Courtney, continue pour Frances, pour que sa vie soit bien plus heureuse sans moi. JE VOUS AIME. JE VOUS AIME.